Prestation · Classifications suisses

Classification eCCC-Bât et CFC dans IFC — correspondances vérifiables

Porter les codes de coûts suisses dans la maquette de façon structurée, stable et auditable — pas en texte libre dans un nom d'objet.

Deux référentiels, deux logiques

L'eCCC-Bât décrit le bâtiment par éléments : une paroi porteuse extérieure, une fenêtre, une toiture plate. Le CFC décrit les coûts par nature de prestation : maçonnerie, menuiserie extérieure, étanchéité. Les deux référentiels, édités par le CRB, coexistent sur la plupart des projets suisses — l'un pour l'estimation par éléments, l'autre pour la structure des soumissions et de la comptabilité de chantier.

Le lien entre les deux n'est pas toujours un-pour-un. Un élément eCCC peut se répartir sur plusieurs positions CFC selon les corps de métier concernés. C'est précisément cette correspondance qui doit être décidée, documentée puis portée de manière homogène dans la maquette — sinon chaque extraction de quantités devient une opération manuelle et contestable.

Une classification fiable conditionne les métrés, le suivi des lots, le rapprochement avec les outils du maître d'ouvrage et la qualité du digital handover. C'est un point discret de la maquette, avec un impact économique direct.

Exemples de correspondances vérifiées

Quelques correspondances réelles utilisées dans les contrôles (désignations officielles CRB ; la répartition multi-positions dépend du projet) :

  • eCCC C02.01 — Parois porteuses extérieures → CFC 211 (maçonnerie), positions liées selon lots : 311, 411, 611.
  • eCCC E03.01 — Fenêtres → CFC 221 (fenêtres, portes extérieures), positions liées : 321, 621.
  • eCCC F01.02 — Toitures plates → CFC 224 (étanchéité souple).
  • eCCC D07 — Installations de ventilation → CFC 244 : correspondance directe (1 ↔ 1).
  • eCCC D08.04 — Distribution de l'eau → CFC 254 (tuyauterie sanitaire).

Erreurs fréquentes dans les maquettes

  • Code écrit dans le nom de l'objet ou un champ libre au lieu d'une classification structurée.
  • Absence d'IfcClassificationReference : le code existe dans l'outil auteur mais disparaît à l'export IFC.
  • Conventions divergentes : des objets équivalents portent deux ou trois formats de code différents.
  • Code présent mais faux : l'objet est classé dans le mauvais élément ou la mauvaise nature de prestation.
  • Niveau de détail incohérent : trois chiffres ici, position détaillée là, sans règle documentée.

Comment le code doit être porté dans IFC

La forme auditable est connue : un IfcClassification déclare le référentiel (système, édition), des IfcClassificationReference portent chaque code avec sa désignation, et IfcRelAssociatesClassification relie le code aux objets concernés. Ce portage survit aux exports, se filtre dans n'importe quel outil openBIM et se contrôle automatiquement — y compris via une règle IDS sur la facette Classification.

L'audit cartographie les codes réellement présents dans l'IFC, identifie où ils sont stockés, mesure l'homogénéité entre objets similaires et distingue trois cas : code absent, code faux, code au mauvais endroit. Le livrable inclut la convention à appliquer pour que l'écart ne se reproduise pas.

Questions fréquentes

Quelle différence entre eCCC-Bât et CFC ?

eCCC-Bât (SN 506 511) classe les coûts par éléments de construction ; le CFC (SN 506 500) les organise par nature de prestation. Un même élément eCCC peut correspondre à plusieurs positions CFC selon les corps de métier — la correspondance doit être documentée et portée dans la maquette.

Peut-on contrôler les classifications automatiquement ?

Oui. Quand les codes sont portés par IfcClassificationReference, une règle IDS sur la facette Classification vérifie leur présence et leur format sur chaque export. Les codes en texte libre, eux, ne sont pas contrôlables automatiquement — c'est l'un des premiers écarts corrigés.

Qui décide de la correspondance eCCC ↔ CFC sur un projet ?

La correspondance est un choix de projet, généralement arbitré entre maître d'ouvrage, direction des travaux et économiste. L'audit ne l'impose pas : il vérifie qu'une convention existe, qu'elle est documentée et qu'elle est appliquée de façon homogène dans la maquette.

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